En voyant des drapeaux ce matin je ne me suis pas dit

Into the early twentieth century today, with a poem in French by Guillaume Apollinaire, seen at the time as a modernist poet, part of the ferment of one hundred years ago which saw the emergence of Picasso, electricity, automobiles, powered flight, and experimentation in many domains.

This poem was written for, and read at, the wedding of Apollinaire’s friend, Andre Salmon, on July 13 1909, the day before Bastille Day, the French national holiday. So the streets are adorned with flags, the bands are playing, the people are joyful – and the poet claims that this public celebration has nothing to do with France, but it is because his friend is getting married.

Here is the poem…
Poème lu au mariage d’André Salmon
Guillaume Apollinaire (1880 – 1918)

Le 13 juillet 1909.

En voyant des drapeaux ce matin je ne me suis pas dit
Voilà les riches vêtements des pauvres
Ni la pudeur démocratique veut me voiler sa douleur
Ni la liberté en honneur fait qu’on imite maintenant
Les feuilles ô liberté végétale ô seule liberté terreste
Ni les maisons flambent parce qu’on partira pour ne plus revenir
Ni ces mains agitées travailleront demain pour nous tous
Ni même on a pendu ceux qui ne savaient pas profiter de la vie
Ni même on renouvelle le monde en reprenant la Bastille
Je sais que seul le renouvellent ceux qui sont fondés en poésie
On a pavoisé Paris parce que mon ami André Salmon s’y marie

Nous nous sommes rencontrés dans un caveau maudit
Au temps de notre jeunesse
Fumant tous deux et mal vêtus attendant l’aube
Épris épris des même paroles dont il faudra changer le sens
Trompés trompés pauvres petits et ne sachant pas encore rire
La table et les deux verres devinrent un mourant qui nous jeta le dernier regard d’Orphée
Les verres tombèrent se brisèrent
Et nous apprîmes à rire
Nous partîmes alors pèlerins de la perdition
A travers les rues à travers les contrées à travers la raison
Je le revis au bord du fleuve sur lequel flottait Ophélie
Qui blanche flotte encore entre les nénuphars
Il s’en allait au milieu des Hamlets blafards
Sur la flûte jouant les airs de la folie
Je le revis près d’un moujik mourant compter les béatitudes
Je le revis faisant ceci ou cela en l’honneur des mêmes paroles
Qui changent la face des enfants et je dis toutes ces choses
Souvenir et Avenir parce que mon ami André Salmon se marie

Réjouissons-nous non pas parce que notre amitié a été le fleuve qui nous a fertilisés
Terrains riverains dont l’abondance est la nourriture que tous espèrent
Ni parce que nos verres nous jettent encore une fois le regard d’Orphée mourant
Ni parce que nous avons tant grandi que beaucoup pourraient confondre nos yeux et les étoiles
Ni parce que les drapeaux claquent aux fenêtre des citoyens qui sont contents depuis cent ans d’avoir la vie et de menues choses à défendre
Ni parce que fondés en poésie nous avons des droits sur les paroles qui forment et défont l’Univers
Ni parce que nous pouvons pleurer sans ridicule et que nous savons rire
Ni parce que nous fumons et buvons comme autrefois
Réjouissons-nous parce que directeur du feu et des poètes
L’amour qui emplit ainsi que la lumière
Tout le solide espace entre les étoiles et les planètes
L’amour veut qu’aujourd’hui mon ami André Salmon se marie

From <http://poemasenfrances.blogspot.com/2006/05/guillaume-apollinaire-pome-lu-au.html&gt;

This is an exuberant, joyful poem, as it should be. It takes some traditional themes of a conventional best man’s speech, recalling the youth and indiscretions of his friend, the bridegroom, and each stanza leads up to a climatic final two lines proclaiming the marriage of his friend, Andre Salmon. With the accumulation of words, images and climatic endings, this reminds me of a song by Jacques Brel, and I can quite imagine the great Belgian singer singing or reciting this poem, bringing out the joy and exaltation of the occasion.

Also, I imagine the thrill of the married couple and their guests when the great poet stands up and recites the poem, composed just for them. When I got married (also in Paris) many years ago, a friend who was a singer and songwriter performed a song written specially for the occasion, making a fabulous moment and a lifelong memory. (Alas, no YouTube in those days to keep the moment).

Two lines that especially stand out for me in the poem – “Ni meme on renouvelle le monde en reprenant la Bastille, Je sais que seuls le renouvellent ceux qui sont fondes en poesie”

Lets bring poetry into our lives, in the example of this poem and make it part of our everyday experience.

 

The Poetry Dude

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