J’aime dans le temps Clara d’Ellebeuse

Spanning the late nineteenth and early twentieth centuries, Francis Jammes wrote allusive, nostalgic poems with surprising juxtapositions of words and ideas. This poem is about the poet’s love for a girl called Clara d’Ellebeuse, a somewhat unusual name which probably places her in the upper classes. The love is probably unrequited and the poem seems to be looking back on a bygone age, although there is a contradiction woith the use of the present tense in the first line.

How does the poet Francis Jammes love Clara d’Ellebeuse? Read on…

 
J’aime dans les temps Clara d’Ellébeuse

J’aime dans les temps Clara d’Ellébeuse,
l’écolière des anciens pensionnats,
qui allaint, les soirs chauds, sous les tilleuls
lire les magazines d’autrefois.

Je n’aime qu’elle, et je sens sur mon coeur
la lumière bleue de sa gorge blanche.
Ou est-elle? Où donc était ce bonheur?
Dans sa chambre claire il entrait des branches.

Elle n’est peut-être pas encore morte
— ou peut-être que nous l’étions tous deux.
La grande cour vait des feuilles mortes
dans le vent froid des fins d’été très vieux.

Te souviens-tu ces plumes de paon,
dans un grand vase, auprès des coquillages? . . .
on apprenait qu’on avait fait naufrage,
on appelait Terre-Neuve: le Banc.

Viens, viens, ma chère Clara d’Ellébeuse:
aimons-nous encore si tu existes.
Le vieux jardin a des vieilles tulipes.
Viens toute nue, ô Clara d’Ellébeuse.

From <http://www.textetc.com/workshop/wt-jammes-1.html&gt;

The first stanza recalls Clara as a schoolgirl, attracting the poet’s attention by sneaking out in the evening to read old-style magazines under the lemon-blossom, uniting images of the girl with other sensory sensations – heat and smell. The second stanza confirms the poet’s enduring love for this girl, and poses the question, where is she and where is happiness. The third stanza wonders whether she is dead, or whether they both are and pairs this idea with dead leaves in the courtyard at the end of summer, again the poet combines sensory images with the idea of nostalgic love that he sets out to convey

The fourth stanza again invokes memory, with mysterious and atmospheric references to peacock feathers, Newfoundland and the Grand Banks fishing grounds. The sense of mystery and nostalgia is reinforced here.

The final stanza call on Clara to come and renew their love, if she still exists. She should come to an old tulip garden and come naked (ready for love).

The poem is a beautiful evocation of lost love and nostalgia for a world where nature and love were in harmony. Is it real or a fantasy? Who knows, but I like to think Clara stands for the impossible ideal of love which we can strive for but never achieve. Real life does not get in the way in this type of love poem.

 
The Poetry Dude

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2 thoughts on “J’aime dans le temps Clara d’Ellebeuse

  1. I greatly enjoyed reading this poem.
    It’s weird that he names her so explicitly.

    For the poetic soul – nothing like idealized lost loves…

    Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses,
    Ô toi, tous mes plaisirs! ô toi, tous mes devoirs!
    Tu te rappelleras la beauté des caresses,
    La douceur du foyer et le charme des soirs,
    Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses.

    Les soirs illuminés par l’ardeur du charbon,
    Et les soirs au balcon, voilés de vapeur rose.
    Que ton sein m’était doux! Que ton cœur m’était bon!
    Nous avons dit souvent d’impérissables choses
    Les soirs illuminés par l’ardeur du charbon.

    Que les soleils sont beaux par les chaudes soirées!
    Que l’espace est profond! que le cœur est puissant!
    En me penchant vers toi, reine des adorées,
    Je croyais respirer le parfum de ton sang.
    Que les soleils sont beaux par les chaudes soirées!

    La nuit s’épaississait ainsi qu’une cloison,
    Et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles,
    Et je buvais ton souffle. Ô douceur, ô poison!
    Et tes pieds s’endormaient dans mes mains fraternelles,
    La nuit s’épaississait ainsi qu’une cloison.

    Je sais l’art d’évoquer les minutes heureuses,
    Et revis mon passé blotti dans tes genoux.
    Car à quoi bon chercher tes beautés langoureuses
    Ailleurs qu’en ton cher corps et qu’en ton cœur si doux?
    Je sais l’art d’évoquer les minutes heureuses!

    Ces serments, ces parfums, ces baisers infinis.
    Renaîtront-ils d’un gouffre interdit à nos sondes
    Comme montent au ciel les soleils rajeunis
    Après s’être lavés au fond des mers profondes
    O serments! ô parfums! ô baisers infinis!

    (“Le Balcon” de Baudelaire)

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