Lorsqu’il faudra allers vers vous, O mon Dieu faites

This is a nice gentle kind of poem from Francis Jammes, who I believe was a devout Catholic. A prayer to go to heaven with donkeys is whimsical, charming and admirably light-hearted. Robert Louis Stevenson also published a notable work involving donkeys, his “Travels with a Donkey” recounting a trip across France with a donkey. I seem to remember Stevenson’s donkey being rather ill-tempered and difficult to manage, unlike Jammes’ paragons of patience and good nature. I wonder who was right and whether Jammes had real-life experience of handling donkeys?

Prière pour aller au paradis avec les ânes

Lorsqu’il faudra aller vers vous, Ô mon Dieu faites
que ce soit par un jour où la campagne en fête
poudroiera. Je désire ainsi que je fis ici-bas,
choisir un chemin pour aller, comme il me plaira,
au Paradis, où sont en plein jour les étoiles.
Je prendrai mon bâton et sur la grand route
j’irai, et je dirai aux ânes, mes amis :
Je suis Francis Jammes et je vais au Paradis,
car il n’y a pas d’enfer au pays du Bon Dieu.
Je leur dirai : Venez, doux amis du ciel bleu,
pauvres bêtes chéries qui, d’un brusque mouvement d’oreilles
chassez les mouches plates, les coups et les abeilles…
Que je vous apparaisse au milieu de ces bêtes
que j’aime tant parce qu’elles baissent la tête
doucement, et s’arrêtent en joignant leurs petits pieds
d’une façon bien douce et qui vous fait pitié.
J’arriverai suivi de leurs milliers d’oreilles,
suivi de ceux qui portaient au flanc des corbeilles,
de ceux traînant des voitures de saltimbanques
ou des voitures de plumeaux et de fer blanc,
de ceux qui ont au dos des bidons bosselés,
des ânesses pleines comme des outres, aux pas cassés,
de ceux à qui l’on met de petits pantalons,
à cause des plaies bleues et suintantes que font
les mouches entêtées qui s’y groupent en ronds.
Mon Dieu, qu’avec ces ânes je vous vienne.
Faites que dans la paix, des anges nous conduisent
vers des ruisseaux touffus où tremblent des cerises
lisses comme la chair qui rit des jeunes filles,
et faites que, penché dans ce séjour des âmes,
sur vos divines eaux, je sois pareil aux ânes
qui mireront leur humble et douce pauvreté
à la limpidité de l’amour éternel

 Francis Jammes

From <http://www.bourricot.com/Poetes/PriereParadis.html&gt;

The poem is in the form of a prayer to God, asking that when the poet dies, he can choose the day and the manner in which he goes to heaven. And he will choose to be accompanied by his friends the donkeys, whose qualities he praises throughout the rest of the poem in an idyllic vision of the pre-eminence of the humble donkey.

For non-French speakers reading this out loud, I challenge you not to stumble on the third line – “poudroiera”.

The Poetry Dude

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