Place de la Gare, à Charleville.

This poem by the teen prodigy poet, Arthur Rimbaud has both a title, “To Music” and the identification of a place, Charleville, the town in northern France near the Belgian border where the poet was born. There is plenty of description in the poem, of the town square with grass, trees and flowers, of the local gentry promenading in the evening, of the military band playing in the middle of the garden, and of the local young people, boys and girls, eyeing each other up. But there is more than local colour in the poem, there is also an interesting progression from a disdainful, mocking description of the local tradesmen and well-to-do folk in the first half of the poem, to an account of the poet himself getting caught up in the temptations of the pretty girls in the second half of the poem, which is a bit ironic when we consider what we know about his subsequent affair with the poet Verlaine.

So plenty to enjoy in this poem, not least the fact that it is straightforward and accessible, more so than many of Rimbaud’s later poems.

A la musique
Arthur Rimbaud

 
Place de la Gare, à Charleville.

Sur la place taillée en mesquines pelouses,
Square où tout est correct, les arbres et les fleurs,
Tous les bourgeois poussifs qu’étranglent les chaleurs
Portent, les jeudis soirs, leurs bêtises jalouses.

– L’orchestre militaire, au milieu du jardin,
Balance ses schakos dans la Valse des fifres :
Autour, aux premiers rangs, parade le gandin ;
Le notaire pend à ses breloques à chiffres.

Des rentiers à lorgnons soulignent tous les couacs :
Les gros bureaux bouffis traînant leurs grosses dames
Auprès desquelles vont, officieux cornacs,
Celles dont les volants ont des airs de réclames ;

Sur les bancs verts, des clubs d’épiciers retraités
Qui tisonnent le sable avec leur canne à pomme,
Fort sérieusement discutent les traités,
Puis prisent en argent, et reprennent :  » En somme !… «

Épatant sur son banc les rondeurs de ses reins,
Un bourgeois à boutons clairs, bedaine flamande,
Savoure son onnaing d’où le tabac par brins
Déborde – vous savez, c’est de la contrebande ; –

Le long des gazons verts ricanent les voyous ;
Et, rendus amoureux par le chant des trombones,
Très naïfs, et fumant des roses, les pioupious
Caressent les bébés pour enjôler les bonnes…

– Moi, je suis, débraillé comme un étudiant,
Sous les marronniers verts les alertes fillettes :
Elles le savent bien ; et tournent en riant,
Vers moi, leurs yeux tout pleins de choses indiscrètes.

Je ne dis pas un mot : je regarde toujours
La chair de leurs cous blancs brodés de mèches folles :
Je suis, sous le corsage et les frêles atours,
Le dos divin après la courbe des épaules.

J’ai bientôt déniché la bottine, le bas…
– Je reconstruis les corps, brûlé de belles fièvres.
Elles me trouvent drôle et se parlent tout bas…
– Et je sens les baisers qui me viennent aux lèvres…

Arthur Rimbaud, Poésies

From <http://www.poetica.fr/poeme-623/arthur-rimbaud-a-la-musique/&gt;

There is some great vocabulary also – what about “onnaing”? This is a style of porcelain from a town of the same name in northern France, and from the context it is a tobacco jar. Also “pioupiou”, which is a young chicken, but here used comically to refer to the young lads of the town, noisy but naïve and ineffectual.

A fun poem indeed

The Poetry Dude

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