Sire Cuens, j’ai viélé

Colin Muset was a 13th century minstrel for hire, presumably going from castle to castle to entertain the nobles. In this song, he articulately explains one of the risks of his profession – not getting paid for this performance, and then having to go home and face his angry wife. You can tell this was a real concern.

 

I have included here the version in the original French of the 1200s, and then a rendering in more modern French, not because I want to encourage readers to ignore the original wording, but just because I came across the updated version and thought it would make a good comparison.

 

So the first the text, as the poet himself would have recognised it…

 

Chanson de Colin Muset,  sur sa vie de Ménestrel

 

Sire Cuens, j’ai viélé

Devant vos, en vostre ostel :

Si ne m’avez rien doné,

Ne me gages acquités ;

C’est vilanie !

Foi que doi Sainte Marie,

Ensi ne vos sieuré je mie ;

M’aumoniere est mal garnie

Et, ma borse mal farcie !

 

Sire Cuens, car commandez

De moi vostre volenté ;

Sire, s’il vos vient à gré,

Un biau don car me donez

Par cortoisie !

Car talent ai, n’en dotez mie

De raler a ma mesnie :

Quant g’i vois borse d’esgarnie,

Ma fame ne me rit mie,

 

Ainz me dit : « Sire Engelé,

En quel terre avez esté

Qui n’avez riens conquesté ?

Trop vos estes deporté

Aval la vile !

Vez con vostre male plie :

El est bien de vant farsie !

Honi soit qui a envie

D’estre en vostre compaignie ! »

 

Quand je vieng a mon ostel.

Et ma fame a regardé

Derrier moi le sac enflé

Et ge, qui sui bien paré

De robe grise.

Sachiez qu’elle a tost jus mise

La quenoille ; sanz faintise

Ele me rit ; par franchise,

Ses deux braz au col me lie.

 

Ma fame va destrousser

Ma male sans demorer ;

Mon garçon va abuvrer

Mon cheval, et conreer ;

Ma pucele va tuer

Il chapons, por deporter

A la janse aillie

Ma fille m’aporte un pigne

En sa main par cortoisie…

Lors sui de mon ostel sire

A meolt grant joie, sanz ire,

Plus que nus ne porroit dire.

 

 

And here is the updated version:

 

« Sire comte, j’ai joué de la viole

Devant vous, dans votre hôtel,

Et vous ne m’avez rien donné;

Vous n’avez pas acquitté mes gages :

C’est vilenie!

Par la foi que je dois à Sainte Marie,

Dorénavant je ne vous suivrai plus :

Mon aumônerie est mal garnie,

Et ma bourse mal remplie.

 

Sire comte, commandez donc

Sire, si cela vous plaît,

Faites-moi quelque beau don,

par courtoisie!

J’ai l’intention, sachez-le,

De retourner dans mon ménage;

Et quand j’y vais avec la bourse dégarnie,

Ma femme ne me rit point.

 

Mais elle me dit : « Sire Morfondu,

En quelle terre avez-vous été,

Que vous n’avez rien gagné

A travers la ville?

Voyez comme votre bourse plie;

Elle est bien pleine de vent!

Honni soit qui a envie

D’être en votre compagnie! »

 

Mais quand j’arrive chez moi,

Et que ma femme aperçoit

Derrière moi mon sac enflé,

Et qu’elle me voit bien habillé

D’une robe grise,

Sachez qu’elle a bientôt fait

De laisser sa quenouille, sans mentir;

Elle me rit avec franchise

Et me jette ses deux bras au cou.

Elle va détacher ma bourse sans tarder;

 

Mon garçon va abreuver

Et soigner mon cheval;

Ma servante va tuer

Deux chapons, pour les accommoder

A la sauce à l’ail;

Ma fille m’apporte poliment un peigne.

Alors je suis vraiment seigneur en mon hôtel

Plus que ne pourrais le dire! »

 

(Colin Muset)

From <http://www.cosmovisions.com/Muset.htm>

 

I hope the Count was shamed in to paying Muset’s fee, so that he could go home with his head held high.

 

The Poetry Dude

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